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 Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]

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Watashi wa
Invité desu

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MessageSujet: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Ven 11 Oct - 17:08


Il était assez tard, dans les environs de 18h30. A cette heure là, ce qu'on pouvait apprécier c'était le calme. Oh oui ce calme tant chéri et apprécier par la plupart des professeurs exerçant dans ce lycée. Warui était loin d'être un lycée modèle. Les élèves étaient tous plus ou moins de fortes têtes, qui passaient beaucoup plus de temps à se battre et à se défier plutôt que d'étudier. Un jeune professeur était en train de se masser les tempes dans la salle qui était réservée aux enseignants lorsqu'ils devaient travailler. Il s'agissait de Yao Shen, fraîchement débarqué au lycée Warui. Professeur de biologie, ce dernier s'évertuait à faire rentrer dans le crâne des élèves, le caryotype humain ou encore la dégénérescence du corps humain.

Et croyez-le ou non, ce n'était pas du tout quelque chose de simple, surtout lorsqu'il avait devant lui de jeunes têtes de cons bourrés d'hormones. D'ailleurs, Shen craignait de devoir en tuer plusieurs le jour ou viendrait les cours sur la reproduction. Qu'avait-il bien put faire lors de ses premières semaines de cours? Et bien pas grand chose malheureusement. Car nombre d'entre eux, surtout chez les messieurs, avaient des lacunes. Les classes étaient mixtes et du coup, Shen avait put voir un déséquilibre flagrant entre les filles venant d'une bonne école et les autres...Du coup, il devait essayer d'adapter ses cours pour que cela ne soit ni trop simple, ni trop compliqués...un vrai casse-tête. Shen avait été bien naïf, il ne s'attendait pas à ce que le niveau soit si...enfin bref, maintenant qu'il était là, il ferait son possible pour aider ses élèves à rattraper leur retard.

Plus tôt dans la journée, le chinois avait donné un contrôle à ses élèves et maintenant, il avait décidé de rester un peu plus tard au lycée pour continuer de corriger ses copies. Car Shen voulait s'avancer au maximum, ayant prévue d'aller boire un verre avec quelques collègues. Le jeune homme ne sortait pas souvent mais cela lui arrivait de temps à autres. D'autant plus que là, il s'agissait de faire connaissance avec ses autres collègues. Un thé à la main, le professeur commença à corriger tranquillement son interro' sur l'appareil digestif. Et puis...ce fut le drame. Sur plusieurs de ses copies, il avait trouver quelques perles:

- Le zophage débouche dans l'estomac et l'intestin débouche dans les WC.
- Les deux intestins sont le gros colomb et l'intestin grec.

ou encore:

- On dit que la langue est un organe dégustatif.

C'était des plus affligeant mais en même temps c'était tellement drôle que le jeune homme ne put s'empêcher de se mettre à rire de bon coeur...jusqu'aux larmes même! Il ne put malheureusement pas faire autrement que de tartiner la copie de rouge et mettre des commentaires un peu fâcheux. Heureusement, les filles de sa classe étaient là pour relever le niveau. Après une vingtaines de minutes plus tard, Shen s'étira un peu pour faire une pause et se reprendre un verre de thé. Puis il se concentra de nouveau sur la correction de ses copies, puis entendit des bruits dans le couloir, non loin de la salle des professeurs.

Certainement ceux qui faisaient le ménage. D'ailleurs, cela lui fit soudainement penser à l'autre jeune homme qu'il avait plusieurs fois croisés dans les couloirs. Un type assez...sombre se prénommant Jian...Jian quelque chose Shen n'en n'était plus tellement sûr. Il espérait que ce n'était pas lui qui allait nettoyer la pièce! Car le jeune professeur ne le portait pas tellement dans son coeur! Il avait entendu certaines rumeurs et bien qu'il ne fallait pas prendre en compte ce que les autres disaient, il ne pouvait s'empêcher de penser à mal. Pourtant ce n'était pas dans ses habitudes. Shen n'était pas méchant ou quoi. Enfin, pas de quoi paniquer hein? Ce n'était peut-être pas lui qui allait passer! Après tout, ils étaient plusieurs à se charger de l'entretiens de l'établissement.
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Dim 13 Oct - 21:03

JE TE SALUE

Je fume tranquillement la dernière clope de mon paquet, adossé contre le mur du lycée. La tête levée vers le grand haut, je ferme les yeux. Je savoure ces quelques minutes ; les miennes, les éphémères. Elles passent sur moi, trop vite. Déjà je revois le ciel entre mes cils : une étendue troublée, assombrie. Mon regard dérive encore un peu, captivé par les subtiles nuances célestes. Enfin je me redresse, un soupire passant mes lèvres. Ce soir, je n'ai pas envie. Je me sens seul, et déprimé. A la vérité, tout me lasse. J'ai traîné toute la journée, abandonné par le sommeil. J'ai erré comme un fou ; sans but et en vain. J'ai passé les immeubles et les vitrines ; ces cafés pleins, ces gens souriants. D'autres solitaires ont croisé ma route. Des ombres en costume, à mallettes noires et resplendissantes. Quelques courbes, des visages fermés. Seul, j'ai longé les galeries d'art. J'ai contemplé les formes, les couleurs. Des choses obscures, bizarres ; j'ai tout regardé. Curieux, je me suis ainsi posté devant un tableau. Je ne me souviens plus très bien ; était-ce un nu, blafard et glorieux ? Une scène champêtre ? Je confonds les images. Je me suis retrouvé devant la piscine municipale, sans savoir comment. J'ai plongé dans l'eau tiède, même un peu froide. Mais j'aime l'eau froide. Elle me fait sentir ; mon corps, mes membres engourdis. Elle réveille mes pieds, ma tête, cette chair qui ne se reconnaît pas. Lentement je jubile, j'ondule sous les remous. J'ai laissé mon corps à ses bonnes grâces. Puis l'aiguille s'est postée, menaçante.
Dans le local qui m'est destiné, je rassemble mon matériel. Le chariot, bien sûr ; les divers produits de nettoyage, la boîte à gants, un rouleau de papier, les franges disposées dans le bac et le balai. Je vérifie mon attirail, malgré tout. Malgré ces gestes répétés cent fois. Il arrive que je puisse omettre un détail. Certains diraient que je suis méticuleux. Je suis simplement conscient de mon étourderie. J'avance ainsi dans les couloirs désertés, poussant le chariot bleu. Les roulettes couinent un peu. Je ne sais pourquoi, mais ce son me rassure. Après l'infirmerie et les toilettes, je me dirige vers la salle des professeurs. La vue d'une lumière ruine encore plus mon humeur. Quoi ? N'est-il pas possible de bosser en paix ? Je jure dans ma barbe. Après une minute d'hésitation, je décide de m'occuper de la bibliothèque. Je maudis l'importun occupant de la salle, peu importe qu'il soit professeur. Moi je m'en fiche des enseignants, je ne suis pas sous leur autorité. Ils n'ont plus rien à m'apprendre, à vrai dire.

Trente minutes plus tard et toujours la lumière. Ce n'est pas possible. Et ça tombe ce soir, c'est bien ma veine. Parfois je viens à me dire que certains professeurs n'ont pas de vie à l'extérieur du lycée. De gros asociaux. Agacé, j'entre d'un coup dans la pièce, traînant le chariot bleu derrière moi. Je pose un regard noir sur l'occupant. D'un ton abrupt, je l'interpelle. « Vous avez bientôt terminé ? J'ai du travail, moi ». Je n'ai même pas le soucis d'être poli et agréable. Pas en ces circonstances, et quand bien même, ce n'est pas dans ma nature. Je jette un coup d’œil plus appuyé vers le supposé professeur. En dépit de ma colère, un sentiment bien connu me prend. L'attirance. C'est un flot qui déferle sur moi, et si je n'avais pas cette distance bien maîtrisée, je serais pris complètement par ce sentiment. Malgré moi, j'ajoute d'une voix moins rude et intimidée. « Merci ». Je baisse la tête, dans l'attente d'une réponse positive.
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Dim 13 Oct - 23:23


Et Bingo...parfois je me demandais si le destin n'avait pas une dent contre moi. Il y avait une chance sur cinq que je tombe sur cette personne et...cela ne rata pas. J'avais vue la porte s'ouvrir et j'allais saluer joyeusement la personne qui se tuait à rendre notre lycée propre mais je m'arrêtais aussitôt. Un peu choqué je devais l'avouer. Oh mais je sais! Je crois que c'est la loi du karma. Lorsque vous faites une mauvaise action, votre méfait vous revient dans la figure. Je crois que c'était ma punition pour avoir abandonné ma famille. Je payais pour mon égoïsme voilà tout.

J'avais perdu mon sourire mais malgré tout, je restais calme et courtois. Je n'allais pas empêcher le jeune homme de travailler sous prétexte que je ne pouvais pas l'encadrer. Pourtant je n'étais pas quelqu'un d'agressif et de malveillant. Au contraire, je condamnais fortement la violence gratuite ainsi que toute forme de persécution. L'ijimé ou intimidation, était vraiment trop présent au sein de nos écoles et nous les professeurs, devons tout faire pour protéger les élèves les plus vulnérables. Mais je m'égare, il ne s'agissait plus du tout d'un jeune homme malgré ses traits juvéniles.

Pourquoi est-ce que je n'appréciais pas ce jeune homme? Et bien pour plusieurs choses...son attitude premièrement. A chaque fois que j'avais le malheur de poser mes yeux sur lui, il était en train de rêvasser, bailler aux corneilles. Je ne sais pas si cela est dû a mon éducation mais je ne supportais pas de voir les gens ne rien de leurs dix doigts. Et puis...j'avais entendu pas mal de choses sur ce Jian. Venant des élèves, je n'aurai pas vraiment prit ces dires au sérieux mais lorsque cela venait des professeurs...J'avais entendu qu'il était un mauvais garçon se battant régulièrement, qu'il était sorti avec plusieurs élèves et s'adonnait à des activités pas vraiment catholiques.

Sincèrement, je ne savais pas quoi penser de tout cela et préférait en rester à l'idée que le jeune homme n'était qu'un fainéant et rien d'autre. Je savais que certains professeurs n'étaient pas tendre et aimait déverser leur venin. Je fronçais un peu les sourcils en entendant le ton assez désagréable avec lequel l'homme d'entretien me parlait. Je posais mon stylo sur mes copies et regarda l'heure affichée sur ma montre. Mince, c'est vrai qu'il était tard...je n'avais pas vue le temps passer.

"...Veuillez m'excusez, je n'ai pas vu l'heure passer."

Je le vouvoyais car d'une part, il était un simple collègue que je ne connaissais pas et d'autre part, parce que je voulais garder une certaine distance avec lui. Je ne l'appréciais pas et comptais bien le lui faire comprendre de part mon attitude.

"Néanmoins je dois terminer de corriger mes copies."


Cela m'ennuyait de devoir ranger toutes mes affaires maintenant alors que j'étais bien partie sur ma lancée. Je voulais terminer de corriger ces...horreurs avant de rentrer chez moi et de détendre devant une émission à coucher dehors avec une bonne petite bière. J'observais de nouveau le jeune homme qui avait baissé un peu la tête. Je haussais un sourcil et soupirait. Pourquoi faisait-il ça?

"Heu ce qu'on peut faire...j'ai bientôt terminé de corriger mes copies, vous pouvez je n'sais pas...vous accorder une petite pause comme vous avez l'habitude de faire et reprendre après."

Petite pique que je lui lançais, pour souligner le fait que je le voyais souvent glander au lieu de travailler. Je montrai une chaise à monsieur Onodera, pour lui indiquer que s'il le voulait, il pouvait s'assoir en ma compagnie. Pour ma part, je n'avais pas l'intention de m'arrêter en si bonne voix.

"Il y a du thé et du café, les gobelets sont la-bas, servez-vous si vous en voulez."

Simple politesse rien de plus. J'avais été élevé dans cette optique: Toujours être respectueux, sans pour autant se laisser marcher sur les pieds. Quoi qu'il décide, moi je me replongeais dans ma correction. Grommelant parfois en voyant les âneries que mes élèves écrivaient.

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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Mar 15 Oct - 16:12

JE TE SALUE

Je lève la tête, surpris. Est-ce sa voix ? Ses mots ? Il me semble reconnaître quelque chose. Une traînée, des notes différentes. Cette langue d'ailleurs, je l'ai sentie. Mon corps a répondu aux sonorités. Alors c'est lui, le Chinois. Je plisse légèrement les yeux. Il ressemble à l'archétype du parfait Coréen. Des traits harmonieux, une complexion claire, un beau regard. Je boude un peu. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Je me suis toujours fait une image autre d'un Chinois. Un homme d'une trentaine d'années, élancé et bien bâti ; les traits masculins, de la Cologne imbibée à son costume sombre. C'est mon homme Chinois. Je sais d'où il vient. De mes treize ans. Je suis parti en vacances au Vietnam. J'ai regardé ce film. J'étais seul dans la chambre d'hôtel alors, et il faisait nuit noire. J'ai vu des corps nus, enlacés. Une femme blanche qui était fille ; un Chinois qui était son amant. Je n'ai pas compris grand chose. Ça parlait français, et je ne lisais pas le vietnamien. En revanche, mon corps, mon cœur, ont réagi. J'ai aimé cet homme à l'instant où je l'ai vu. Je me trouvais hébété, et bête, ainsi devant mon écran à découvrir l'amour. Dans une chambre d'hôtel quelconque, dans ce quartier certain, ça c'est serré. J'ai gentiment saigné, assis devant la vieille télévision. J'ai pleuré à la fin du film. Je n'avais vraiment rien compris. Depuis lors, je n'ai pas revu ce film. J'ai lu le livre, et je pensais à cet homme en costume. L'Amant.
Pourtant lui, en face de moi, me fait un drôle d'effet. Et pas des plus positifs, en dépit de ma libido qui s'agite. Je lève un sourcil, un sourire narquois aux lèvres. Le type est clairement en train de dire que je fiche rien. Ça me fout en colère, car c'est faux. Il a pu me croiser deux ou trois fois en train de fumer ma clope, mais ça ne veut rien dire. J'accorde un point d'honneur à bien faire mon travail. En insinuant le contraire, il ne vient pas de se faire un copain. Je te jure, le mec avec son petit air condescendant. Qu'est-ce qu'il m'agace. Chinois ou non. Je retrouve mon ton insolent. « Tu ne sais rien de ce que je fais ». Je le tutoie, et c'est le comble. Je le fais consciemment. Quitte à être impoli et grossier, autant l'être jusqu'au bout. Il est mon aîné, il est professeur ; à côté de lui, socialement, je suis une sous merde. Et bien je dis non. Je suis un quelqu'un aussi. J'ai une voix, un regard. Il n'a pas le droit de me rabaisser comme ça. Je sais aussi que des rumeurs tournent à mon sujet, et pas des plus élogieuses. Qu'il en ait eu vent ne m'étonne pas, mais qu'il y prête intérêt de cette façon, je ne peux l'accepter. « Je ne « m'accorde » pas de pauses. Je les prends, et de mon plein droit, comme stipulé dans mon contrat de travail. Alors tu peux garder ton sarcasme ». Pourquoi je m'emporte autant ? D'ordinaire j'essuie les piques avec plus de tact. Mais ce soir, avec ce mec, je ne peux pas. « Et je n'ai pas besoin de ta bienveillance, aussi. Je ne suis pas ici pour prendre du bon temps ». Je retire mes gants avec hargne. Putain de journée. Les mains sur les hanches, j'attends une réaction. Qu'il me parle de mon déshonneur et de mon irrespect, je suis prêt. Je m'approche de lui, incertain. De l'hésitation dans la voix, je murmure. « Tu ne sais même pas qui je suis et tu... tu dis ça ». Troublé, je passe une main dans mes cheveux. Je ne me reconnais pas, ce soir ; et c'est l'histoire de la vie. Les gens n'apprennent pas à me connaître, à commencer par mes parents biologiques. Ils n'ont même pas essayer.

Enfin, légèrement affolé par mon comportement, je me détourne le cœur battant. Non, non, pas ça. Je sors de la salle en courant, une main contre ma poitrine. Au détour d'un couloir, je me laisse choir. D'ordinaire, les crises d'angoisse me prennent la nuit. Jamais en journée. Mais j'ai baissé la garde. Je suffoque, et je pleure en silence. Oppressé de l'intérieur, je perds ce souffle déjà fuyard.
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Mar 15 Oct - 19:09


Je haussais un sourcil en entendant la voix du jeune homme. Non d'un petit bonhomme c'est qu'il me tutoyait. Je n'étais pas vraiment du genre à m'énerver pour si peu aussi, je restais parfaitement maître de mes actions et de mes pensées. Je n'aimais pas le manque de respect c'était quelque chose qui me mettait hors de moi. Cependant, je n'avais pas la même réaction que s'il s'agissait d'un élève. C'était plus simple de se confronter à un élève plutôt qu'à un collègue.

"Ce n'est pas de la bienveillance...juste de la politesse. Chose qui VOUS fait défaut visiblement.

Je n'hésitais pas à soutenir son regard. Il ne m'impressionnait pas vraiment malgré ce que j'avais pu entendre sur lui. J'avais entendu des gens dire que le jeune homme était imbuvable et violent. Or, a cet instant, il ne me faisait pas penser à ce "diable" que l'on m'avait dépeint. Le jeune homme s'avança vers moi, à la fois furibond et hésitant, le regard presque fuyant. Il me faisait presque penser à un gosse perdu qui essayait de jouer les gros durs pour se faire une place. Mais ses paroles n'étaient pas dépourvues de sens. Je le jugeais malgré moi. Pourtant ce n'était pas mon genre de porter des jugements sur quelqu'un...sinon je ne serais pas ici, dans ce lycée, à me décarcasser pour essayer de donner un bagage scolaire à des têtes de bois.

Je restais muet, écoutant ses paroles...non...je ne le connaissais pas. Je ne lui avais jamais parlé...je ne connaissais pas son passé, ni même son nom de famille. Pour moi il était juste -Jian, l'homme de ménage, celui qui baillait aux corneilles-. Je fronçais un peu les sourcils en le voyant quitter la pièce de manière hâtive. Machinalement, je me recentrais sur mes copies mais...impossible. Je n'arrivais pas à me concentrer sur mon travaille. Chaque mot que je lisais ne semblait pas s'incruster dans mon esprit. Je lâchais de nouveau mon stylo et un soupire s'échappa de mes lèvres. J'avais subitement mauvaise conscience. A vrai dire, je ne m'étais pas reconnu dans les propos que j'avais tenu. Je n'étais pas ce genre de type à cracher et dénigrer les autres gratuitement. Non...pas du tout même. Alors pourquoi? Pourquoi est-ce que j'avais agis comme un parfait imbécile? Imbécile..le mot était faible à mon goût. Un parfait connard plutôt oui! A présent, j'étais submergé par une vague de remords. Finalement, je me levais pour essayer de le rattraper et m'excuser.

Contrairement à beaucoup, je n'éprouvais aucune honte à reconnaître mes tords et m'excuser. J'assumais parfaitement les idioties que je pouvais dire ou faire. J'étais hors de ma salle et regardais le dédale de couloirs. Mince, il pouvait avoir prit n'importe quelle direction. Et puis dans le silence pesant, j'entendis une succession de petits sons. Intrigué, je suivis la direction des bruits et tomba sur Jian. Celui-ci était assit sur le sol, pleurant et...suffocant. Sérieusement, il ne semblait pas aller bien du tout. Je laissais alors au placard tout ressentiment ou autre et m’agenouillais devant lui.

"Ok...regarde-moi. Tu me regarde...allez...regarde moi bon sang!"

J'essayais de capter son regard pour qu'il concentre son attention sur autre chose, moi en l’occurrence. Je saisis son visage entre mes mains, sans réfléchir, pour qu'il ne puisse rien faire d'autre que me voir.

"Respire doucement maintenant. Tu inspires, tes poumons sont plein d'air...tu n'étouffes pas tu as plein d'air à l'intérieur de toi...expire doucement maintenant."

J'avais un diplôme de secouriste et je connaissais pas mal de méthodes pour calmer quelqu'un d'angoissé. J'étais à cet instant bouffé par ma conscience. C'était moi qui était responsable de son état? Finalement je décidais d'employer les grands moyens. Je m'assied également à sa hauteur et lui agrippa le poignet pour coller son dos contre mon torse.

"Ecoute moi, tu vas calquer ta respiration sur la mienne."

Je commençais alors à respirer doucement et profondément, c'était plus facile comme méthode. On utilisait cette méthode parfois avec les enfants. Je le tenais doucement mais fermement contre moi, entre mes jambes. Si cela ne passait pas, j'allais appeler les secours pour qu'ils interviennent. J'étais inquiet...et je me sentais misérable d'avoir agis ainsi. Quel sorte de monstre étais-je? Je n'avais plus devant moi une espèce de petit sauvage mais quelqu'un de vulnérable et de fragile. Je patientais alors, usant de paroles rassurantes, attendant que la crise passe.

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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Jeu 17 Oct - 19:26

JE TE SALUE

C'est déplaisant. Ça tire, ça brûle. Je me sens partir de l'intérieur. Je ne vois plus le mur, ni le sol. Seulement deux surfaces plates et dansantes, grises ou beiges. Je perds la vue entre mes longs cils. C'est tout noir. J'ai peur. C'est con à dire, mais je suis mal. De cette nuit qui m'entoure, je voudrais la faire mienne et m'y lover, en douceur ; oublier, s'éloigner dans un sommeil infini. Mes doigts glissent, crispés, humides. Je serre du vent. Toujours je cherche ce torse, cette poitrine ; un réconfort impossible. J'ai eu d'autres bras, mais déjà c'était différent. C'est pas si simple, d'être ainsi seul. J'attends alors, il n'y a rien d'autre à faire. Les genoux repliés, la tête baissée, je laisse ces secondes cruelles qui passent, qui m'étouffent. Je ne l'entends pas. Je sursaute à son touché. Je tressaille, un peu plus apeuré. Il est devant moi. J'écoute son souffle régulier ; et sa voix. Tellement rassurante ; elle coule sur moi et m'apaise. C'est immédiat. Sa présence seule suffit. Péniblement je lève la tête, honteux et peiné. Je m'abandonne dans son regard. Il est si beau. Son charme est encore plus frappant. Je rougis. Ses doigts emprisonnent mon visage, et mes yeux s’écarquillent. Son touché m'échauffe, je suis troublé. J'en oublie mon angoisse. Les sanglots s'effacent, les suffocations aussi. Je fais ce qu'il dit. Peut-être pour lui plaire. Parce que sa voix est un bel envoûtement. C'est pourquoi je me laisse faire. Il m'enveloppe tout entier, et je fonds. Sa chaleur me prend, et je soupire bientôt d'aise. J'entends son cœur qui bat derrière moi. Son torse qui se soulève régulièrement. Alors je ferme les yeux, calmé. Le temps passe, et je demeure ainsi, dans ses bras. Je voudrais qu'il en soit ainsi pour toujours. Je me sens si bien. J'ai l'impression d'avoir une place. D'appartenir à quelqu'un. Enfin ma tête bascule contre son épaule. Je suis tout à fait serein. Je n'ai pas peur d'être surpris dans cette situation. A la vérité, je me fiche de tout. Tant que ses bras m'entourent. Mais je m'écarte. A quatre pattes, je fais face au professeur ; je le regarde droit dans les yeux. J'essaie de deviner ses pensées. Culpabilité ? Compassion ? Peine ?  En le dévisageant ainsi, je me mords instinctivement les lèvres. De but en blanc, je romps le silence. « Vous êtes très beau ». Je dis cela en chinois. Je m'attarde sur ses traits si gracieux et harmonieux. Il est plus viril que je ne l'imaginais. Je boude un peu. « Ce n'est pas juste ». Un sourire amusé étire mes lèvres. Il disparaît alors qu'une pensée me vient à l'esprit. Une envie plutôt. « Embrassez moi, Yao-sensei ». Et j'ajoute. « Après tout, c'est de votre faute ». Je suis sérieux. Si je venais à essuyer un refus, ça serait terrible pour mon ego. Je m'avance un peu plus, mes deux bras encerclant ses cuisses. « Yao-sensei... ».

Je le veux, c'est fou. De toute manière, il me faudra le sentir en moi. Connaître le goût de ses lèvres, la saveur de sa peau. Et puis, je suis sûr qu'il est gay. On le sait très vite, dans le milieu. Je m'en suis aperçu dès notre première rencontre. Il regarde les femmes différemment. Avec égard, je dirais. Puis je crois que je ne laisse pas indifférent. Et je sais jouer de mes charmes. Je ne dis pas être un Lord Lovelace, mais j'ai quelque succès auprès des autres gars. D'ailleurs, mon meilleur ami fut le premier à tomber pour moi. Il était un hétéro tout ce qu'il y a de plus normal. Et un soir, il m'a sauté dessus. Et je n'ai pas déprécié. Bien au contraire. Mais je suis lassé des jeux et de la baise. Je veux quelque chose de concret, de fort. C'est pourquoi je le veux lui.
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Jeu 17 Oct - 21:17


Je reste là, lui tout contre moi. Je pose une main calme et douce sur son coeur. N'y voyez pas de geste déplacé non, je voulais juste m'assurer que son pouls reprenait un rythme régulier. Peu importe le temps que cela prendra, je resterai auprès de lui jusqu'à ce que l'orage passa...ou plutôt la crise. C'était fou comme l'organe battait vite, et j'espérais qu'il se calme. Car je ne voulais pas devoir à appeler les secours, cela voudrait dire que son mal est grand. Trop grand pour que je puisse le gérer et je ne voulais pas le voir partir dans une civière.

Je sentais mal...intérieurement j'étais chamboulé. J'avais été infecte avec lui qui ne méritait pas un tel traitement. Et maintenant il était là, le souffle manquant et les larmes coulant sur son visage portant encore les trace de l'adolescence. Mais j'assume mon erreur et je reste là, avec lui, je ne fuis pas. L'homme de ménage était encore tout contre moi, et j'entendais sa respiration se calquer sur la mienne, son coeur ralentissait...tiens, il sent vraiment bon. Une odeur de cigarette est resté incrusté dans ses vêtements mais j'arrive à en faire abstraction. Un mélange de shampoing et de...quelque chose de sucré s'y mélangeait. Quoi qu'il en soit, ce mariage était des plus plaisant.

Hein? Mais je dois dérailler là, j'ai l'air d'un gros pervers qui en profite pour le tripoter et le sentir. Ca craint...sincèrement ça craint. Mes yeux se dirigèrent sur son crâne et ses cheveux, alors que ma conscience et ma raison se faisaient la guerre. La guerre? Eh oui! Parce qu'on ne devait pas penser à ce genre de chose alors qu'un type était en train de claquer ou presque dans vos doigts! Ses cheveux...ils ont l'air vraiment doux...un frisson parcourut mon échine en réalisant que mes pensées déviaient de plus en plus vers des sujets qui n'étaient plus vraiment du domaine de la santé.

Je ne vois pas pourquoi est-ce que je devrais avoir ce genre de pensée alors que je n'apprécie pas vraiment ce collègue! C'est...à moins que cela soit autre chose? Mon encéphale bouillonnait de mille questions. J'avais acquis assez d'expérience pour savoir ce qu'était l'attirance et visiblement...s'en était finalement. Comme la psyché était complexe. C'est alors que la tête du jeune homme vint reposer sur mon épaule, me laissant profondément...troublé. Merde j'avais l'impression d'être une pucelle de quatorze ans. Enfin, il semblait allez mieux, ses larmes avaient arrêté de couler et son souffle était apaisé. Tant mieux...mais maintenant je me sentais toujours aussi coupable.

"Je...suis désolé d'avoir agit comme un imbécile tout à l'heure."


Je m'excusais, c'était la moindre des choses. Heureusement que j'avais réussi à le retrouver sinon, qui sait ce qui lui serait arrivé s'il avait été seul? Ce qui m'étonnait maintenant, c'est qu'il reste ainsi, contre moi alors qu'il devrait au contraire, être vraiment en colère contre moi. Mais il ne semble pas bouger...ah si...il se met enfin à gigoter se mettant à quatre pattes devant mes yeux pour se retourner enfin, me faisant face. Bah...j'allais probablement me faire engueuler sévère. Et c'était de bonne guerre! Je le méritais bien.

J'observais son visage et pensais qu'il était vraiment...beau? Oui c'est ça, un visage portant encore les traces de l'innocence alors qu'on était bien loin du compte. Mais qu'importe, le spectacle était tout de même sympathique à regarder. Aller, engueule-moi une bonne fois pour toute, je le prendrai rien. C'est alors qu'il me sortit une phrase tout à fait surprenante, si je n'étais pas déjà assis, j'en serai tombé à la renverse! Ca me laissa sans voix. Hein? Moi? Beau? C'était vraiment mal venu pour me dire ce genre de chose.

"Tu...trouves que c'est le moment de dire ça? Alors que j'ai crue que t'allais me mourir dans les bras?"

Non, finalement je retirais tout ce que j'avais dis précédemment! Il m'agaçait de nouveau et je me mis même à penser que tout ça ce n'était que du cinéma! Pff et moi j'avais plongé tête baissée! Néanmoins, Jian s'exprimait dans un chinois impeccable! Etait-il originaire de mon pays? Ou bien avait-il étudier le chinois?.....Nannnn pas possible la deuxième solution. J'allais me relever pour mettre un terme à notre discussion quand il me demanda de l'embrasser. Je le dévisageais, un rire nerveux s'échappa de ma gorge. A quoi est-ce qu'il jouait?

"Je crois que tu es encore secoué de ce qui vient de t'arriver..."


Lui assurais-je en lui souriant doucement. Oui ça, son cerveau a dû manquer légèrement d'oxygène alors il est dans un état de confusion avancé. Mais alors...pourquoi place t-il ses mains comme ça sur mes cuisses? Non ne joue pas à ça jeune homme, je n'ai pas envie de succomber et d'abuser de ton instant de faiblesse...que tu regretteras forcément par la suite. Je n'arrive pas à regarder autre chose que ses deux prunelles pourtant. La façon dont il dit mon nom est tout bonnement délicieuse je regarde ses lèvres tentatrices sans pouvoir m'empêcher d'essayer d'en deviner le goût, la texture que j'imaginais douce et chaude.

Seigneur...je ne suis qu'un homme. Malgré son air arrogant et insolent il...m'attire. Je ne veux pas et ne peux pas résister à l'envie qui commence à titiller mes entrailles. Il est a peine majeur et je ne l'apprécie pas...enfin je crois. Et pourtant, mes lèvres s'approchent et je les déposent sur les siennes en un baisé des plus doux. Je m'applique, parce que je veux laisser une trace indélébile en lui.

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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Lun 21 Oct - 18:44

JE TE SALUE

J'attends. Je ne quitte pas ses yeux, ni sa bouche, ni ses traits. Je le dévore du regard et je savoure son sourire. Je sens la pointe de nervosité. Sa voix hésitante. Et ça me conforte, la bête en mon sein ronronne. Elle, qui malmène mes entrailles depuis notre première rencontre, la voici sereine et taquine. Le monstre se gonfle de désir au fil des secondes. Quand son regard dérive vers ma bouche entrouverte, je comprends qu'il est à moi. La bête rugit. J'attends ses lèvres. Je les devine, je les goûte. Exquises, un délicieux poison. Sa douceur s'infiltre en mon corps, elle réchauffe tout mon corps. Sa saveur est un feu qui embrase veines et artères. Il me brûle et j'adore ça. Mais c'est furtif. Je veux plus, à présent. Je ne peux me contenter d'un contact si superficiel. Je le désire en profondeur. C'est pourquoi je me redresse lentement, et j'avance sur lui. J'entoure son bassin de mes cuisses, mon postérieur reposant sur ses jambes dépliées. Je le domine un peu. Mes yeux tombent sur son visage, et je suis submergé. Un sourire en coin illumine mon visage encore juvénile. Si jeune, et déjà perverti ! Je l'avoue, je suis un être de désirs. Mais celui-ci, éprouvé pour Yao Shen, me renverse tout à fait. D'ordinaire, je garde cette distance un peu nonchalante, et cela même dans l'acte charnel. Souvent je me vois, comme un autre ; celui qui mouve son bassin en cadence, effréné et exigeant. Mais je veux plus. Que cet homme me prenne tout entier. Qu'il me consume de plaisirs et de plaintes. J'ai besoin d'être forcé et malmené, pour ne plus me sentir ; ou plutôt me sentir un, avec Yao Shen.
Mes lèvres caressent sa gorge, jusqu'au lobe de son oreille. Je murmure. « Vous êtes exquis, Yao-sensei. Mais ce n'est pas assez... ». D'un coup de langue, j'humidifie la tendre peau. Enfin, la douceur me lasse. Je serre légèrement les cuisses, approfondissant le contact de nos corps. Je retrouve ses lèvres, et ma langue taquine la sienne. C'est un plaisir sans pareil. Le baiser se fait plus rude, plus preneur. Mes mains encerclent son cou, sa tête. Quand enfin, je n'ai plus de souffle, je m'écarte. Yeux dans les yeux, et ce sourire qui ne me quitte pas aux lèvres, je bouge mes hanches avec une lenteur délibérée. Je suis serré dans mon pantalon tout aussitôt. Un soupire s'échappe de ma gorge alors que je penche la tête en arrière. D'un ton suppliant, je répète ce leitmotiv érotique. Son nom. « Yao-sensei... ». Je l'invite à disposer de mon corps, à faire ce qu'il veut de moi. Je suis à sa merci, en vérité. Ma main glisse vers son entrejambe que je frotte en douceur. Enfin je défais les premiers boutons de ma chemise, un regard à la fois aguicheur et implorant au visage. Je découvre ma peau tannée et imberbe, quelques muscles saillants. Je guide sa main contre mon torse, vers mon cœur palpitant.

Mais un son lointain m'alerte. Le bruit se rapproche, s’amplifie. Des pas. Je me relève à contre cœur, déconfit. Je me détourne du professeur, un peu gêné. Je reboutonne ma chemise. C'est un autre professeur. Je le connais pas ; je le salue brièvement, la tête baissée, et je m'éclipse. Un regard en arrière, j'aperçois Yao Shen. Je suis déçu, blasé. Je retrouve avec amertume mon chariot bleu, mes gants roses. Je continue le travail tel un automate. Sans pensées. Sans ressentiments. Et puis j'ai fini. Je retrouve le mur contre lequel je m'adosse tous les soirs. Je tire une clope, je la grille sans ménagement. La fumée envahit mes poumons, je tousse un peu. Je ne vois plus les étoiles, d'ailleurs je ne regarde rien. Je me sens vidé. Je ne sais pas quoi faire. Je longe le mur du lycée, mains dans les poches. Et puis je m'accroupis au sol. Je reste là, j'essaie de faire un tri. De faire de l'ordre dans le merdier que sont mes sentiments.


Dernière édition par Onodera Jian le Jeu 31 Oct - 20:38, édité 2 fois
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Lun 21 Oct - 23:06


Je...n'arrivais plus à réfléchir. Mes pensées étaient floues, complètement brouillées par les lèvres du jeune homme en face de moi. Ce n'est pourtant pas la première fois que j'embrasse un homme. Mais d'ordinaire, mes rapports ne se passent pas ainsi. Pas...si soudainement. Je parle un peu avant, je fais connaissance et j'avise ensuite. Je n'ai jamais été quelqu'un de très aventureux sentimentalement. Oh j'ai eu bon nombres de prétendants et d'amants mais je n'étais pas spécialement adepte des nuits sans lendemain. Je suis coupable d'être fleur bleue. Ou tout du moins, même si le romantisme n'est pas là, je ne confie jamais mon coeur à quelqu'un qui en ferait de la charpie. J'avais trop souffert par le passé...trop souffert. Et j'arrivais à un âge ou j'avais envie de me poser.

Je ne me reconnaissais donc pas en ce moment même. Cela faisait déjà deux fois que je réagissais de façon étrange en sa compagnie. Déjà tout à l'heure, dans la salle des professeurs et puis maintenant. Je ne m'étais pas posé de questions, je n'avais pas non plus refusé de l'embrasser. Cela s'était fait...naturellement. Oui c'était ça...naturellement. Est-ce que par hasard je nourrissais une attirance quelconque inconsciente? Drôle de machine qu'est le cerveau. Cela expliquerait aussi mon attitude défensive. Je m'arrêtais de réfléchir, parce que là, en cet instant, mes pensées n'allaient que pour lui.

Cet échange était loin d'être désagréable. Ses lèvres étaient douces, chaudes et réconfortantes. Un vrai délice pour mes sens engourdis. Alors que je ne m'attendais qu'à un simple baisé sans raison ni sens, voilà que le jeune homme est en train de grimper sur moi, et prendre place sur mes cuisses. Je n'eus pas le temps de protester que ses lèvres happèrent de nouveau les miennes. Je pouvais à présent sentir sa langue jouer avec la mienne. Là encore, je ne le repoussais pas, j'entremêlais ma langue à la sienne en un ballet s'intensifiant de secondes en secondes. Dire que je n'aimais pas cela serait un sacré mensonge. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas eut la chance d'être embrassé de cette façon.

Ce n'était pas parce que je n'avais pas de proposition, mais mon travail me prenait tout mon temps libre ou presque. Aussi, je préférais laisser les choses de l'amour de côté. Je sentais les battements de mon coeur commencer à battre un peu plus fort. Et une douce chaleur bien connue, commença à parcourir mon corps. Finalement, mon étrange collègue s'écarta de moi, le souffle court. Un soupçon de raison refit surface et je regardais Jian avait interrogation. Pourquoi as-tu fais ça? Il me dit que je suis exquis et cela me trouble. J'avais...l'impression de n'être qu'un pantin entre les mains d'un marionnettiste lubrique.

Il me regardait...je pouvais lire le désire briller au fond de ses yeux sombres. Je remarquais enfin combien son visage était beau. Oui beau...sans imperfection, lisse et fin. Il était temps que je l'admette. Et puis je sens sa langue sur le lobe de mes oreilles et je me crispe aussitôt. Pas parce que la sensation est désagréable non...c'est tout le contraire. Mes mains commencèrent a remonter le long de ses cuisses, les pressant doucement du bout des doigts. Merde...mais qu'est-ce que je fais? Il m'allume pour de bon en ondulant lascivement contre moi. Je ne suis qu'un homme, et je ne peux cacher mon désire et mon envie plus longtemps. Je me sens à l'étroit dans mes vêtements. Mon coeur commençait à s'emballer et j'avais chaud subitement.

Est-ce que c'est comme ça que ça allait se passer? On allait s'envoyer en l'air dans un vulgaire couloir comme deux animaux incapable de gérer leurs pulsions? Je n'avais pas envie de ça...je ne voulais pas. Mais mon corps était en train de se consumer sous ses caresses. J'avais envie de lui plus que toute autre chose sur cette planète. Je sens son corps fiévreux tout contre le miens...j'ai envie de lui, le posséder, le faire miens. Il retirait les boutons de sa chemise, me dévoilant une peau qui semblait douce. Sa main avait prit la mienne pour la poser contre son coeur. Celui-ci battait à un rythme rapide...et je m'en sentais flatté. Mais voilà...quelqu'un arrivait et le jeune homme reboutonna sa chemise avec empressement et moi je me relevais, débraillant ma chemise pour que celle-ci retombe suffisamment bas pour cacher mon érection.

Je passais une main sur mon visage, essayant de paraître le plus naturel possible devant le professeur qui vint me saluer. Je ne pu m'empêcher de jeter un regard à l'homme de ménage qui avait déjà disparut. L'autre professeur me parla assez longuement, voulant me faire part d'un projets pour les élèves. Mais moi...je l'écoutais à peine, j'étais encore tout grisé par ce qu'il venait de se passer. Lorsque mon collègue me lâcha enfin la grappe, je repartais dans la salle des profs jusqu'à une heure assez tardive et me remettais au travail histoire de boucler mes corrections et me tirer chez moi.

Après avoir finit mes correction je quittais l'intérieur de l'école et commençait à marcher tranquillement. Il faisait plutôt frais, le soleil était déjà couché depuis longtemps. L'air frais m'aida à me calmer et m'éclairer l'esprit. Cette fin de soirée avait été...des plus étranges et a dire vrai, je n'y comprenais encore rien du tout. Alors que je longe un mur, je l’aperçois...accroupis. J'hésitais à lui parler, mais d'un autre côté, je voulais comprendre.

"Tu...ne devrais pas rester dehors, tu vas attraper froid."

Dis-je en guise d'introduction. Je m'approchais de lui, le fixant et des images de notre échange s'imposent à mon esprit. Je fais mine de le regarder froidement pour essayer de rester maître de moi-même. Il me fait penser à une rose...magnifique mais dangereuse, qui pouvait vous piquer si on ne faisait pas attention. Je connaissais la réputation qu'il se trainait. Ce dernier semblait collectionner les amants comme certains collectionnaient les timbres. Et ça, je ne voulais pas. Je ne voulais pas n'être qu'un nom en plus sur un tableau de chasse. J'avais toujours soigneusement évité ce genre de mec, et je n'allais pas baisser la garde maintenant.

"Ca t'arrive souvent de sauter sur les mecs qui te viennent en aide? Y'a...des bruits de couloirs qui disent que tu as séduit beaucoup de personnes ici...je ne te juge pas, tu fais ce que tu veux mais...je ne veux pas être un nom de plus à ton tableau de chasse."

Je ne savais pas qu'il nourrissait autre chose que du simple désire pour moi. Je mordillais ma lèvre inférieur, j'avais encore la sensation de son corps sur le miens. Il...me plaisait vraiment, je m'en était rendu compte mais je ne voulais pas souffrir en me lançant dans une relation sans lendemain.

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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Jeu 31 Oct - 20:36

JE TE SALUE

Je le sens venir, c'est bizarre. Mon cœur se rate. Fébrile, les doigts tremblants, je prends une autre clope. Le cylindre glisse entre mes phalanges engourdies. Une étincelle, et je brûle sa tête. Elle crépite, et je la porte à mes lèvres entrouvertes. J'aime l'odeur de ce tabac froid et amer. Même si le goût est à gerber. Tantôt, j'ai acheté un paquet au hasard. Comme ça, pourquoi pas. Pour voir. Mais je me suis habitué aux bonnes choses. Au tabac Amsterdamer, à ses lèvres. C'est ma lubie. Le tabac d'Europe ; ça me ruine, c'est vrai. Un sourire furtif éclaire mon visage. Il a répondu à mon baiser. Je sens encore la brûlure de ses caresses ; sa poigne ferme. C'était si intense. Comme une première fois, comme si je n'avais jamais baisé. Et pourtant. Je me redresse, indifférent. D'une voix blanche, et sans me tourner vers lui, je rétorque doucement. « Et alors, qu'est-ce que ça peut te faire ? ». Oserai-je lui dire que ses caresses passées réussissent à me tenir bien au chaud ? Il est tout proche. Mon corps se raidit. Enfin je pivote sur mes talons, piqué au vif. « Ouais, ça m'arrive souvent ! Ici ? ». Un rictus étire mes lèvres. Pour qui me prend-il à la fin ? Je ne suis pas un de ces chiens galeux, à la queue pendante et obéissante. J'ai du goût. « Qu'est-ce que j'ai à faire d'adolescents boutonneux ? Non, tu as mal entendu. Je préfère les hommes plus âgés... Comme les professeurs. Faut dire qu'il y en a une belle brochette au lycée ». Je le provoque et ça me plaît. Il tend le bâton et je lui assène les coups. Je dis peut-être cela sous le coup de la colère mais c'est tout aussi vrai. Entre Keenan et Shuji. Ouais, c'est mon péché mignon, les professeurs. J'aime être corrigé, puni et tout ce que vous voulez. Chacun ses déviances, n'est-il pas ? J'ai quand même touché à un élève. Faut dire qu'il était plutôt... serviable. Mais sans suite. Je ris un peu. « Tu ne me juges pas ? Je crois que c'est trop tard pour cela. Et puis... ça n'avait pas l'air de te déranger, tout à l'heure, que je te « saute » dessus. Je suis peut-être ton genre, réfléchis à ça ». Je m'approche de lui. C'est vraiment les montagnes russes émotionnelles ce soir. Les lèvre serrées, je persifle. « Qui t'a dit que je te voulais dans mon pieu, mh ? ». Nos corps rapprochés, et nos souffles qui se confondent... Je suis à bout. La clope file entre mes doigts, et je l'écrase distraitement. Un peu de fumée se dissipe dans l'air nocturne. « En tout cas, ça ne te ferait pas du mal, un petit coup comme ça. Regarde-toi, ça fait combien de temps que tu n'as pris ton pied ? Dommage pour toi, avec moi c'est plaisir garanti ». Je hausse un sourcil, aguicheur.
Je veux que tu m'aimes, c'est tout. Ne vois-tu pas, déjà, que je suis tout à toi ? Tu me regardes comme un chien. Non, comme une chienne. J'aboie, je mords et triste j'irai me tordre la queue. Prends-moi par le cou, embrasse moi. Fais de moi ta chose. Je n'aspire pas à bien mieux. Triste vie, n'est-il pas, mon pauvre amour ? A peine éclos, tu te flânes par de perfides paroles. J'ai rêvé tes lèvres, ton corps.
« Bon, je me tire d'ici. J'ai d'autres chats à fouetter, si tu vois ce que je veux dire ». Je tourne les talons, le cœur gros. Je sens quelques larmes qui me montent aux yeux. C'est le froid, le froid.  Écœuré de ma sensibilité, je traîne les pieds en soupirant.
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Watashi wa
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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   Sam 2 Nov - 23:58


Je le regardais, il était devant moi. La lueur pâle de la lune donnait à Jian une allure frêle, un teint presque spectrale, accentuant cette impression de fragilité que j'avais pu décelé chez lui alors qu'il reprenait son souffle contre mon torse. Je soupirais alors, écoutant ses paroles dans dire le moindre mot.

"Je pense que se serait dommage que tu tombes malade..."


C'est vrai que sa question était légitime. Qu'est-ce que cela pouvait bien me faire? Il y a que je m'inquiétais pour les autres, c'était plus fort que moi. Et puis, vue ce qui s'était passé tout à l'heure, j'ai crue qu'il était asthmatique et que tomber malade n'arrangerait pas son état.

"Si ton état ne m'inquiétais pas je ne t'aurais pas suivit dans ce couloir tout à l'heure, et je ne serais pas resté avec toi pour t'aider."

Jian avait l'air contrarié par mes paroles, pourtant je ne pensais pas avoir dit quelque chose de mal. Avais-je par mégarde été blessant? Je ne l'avais pas jugé. S'il aimait les histoires d'un soir, sans lendemain, ou juste prendre du bon temps. Et bien c'était tant mieux pour lui. Mais moi je ne cherchais pas ce genre de relation. Même si, l'espace d'un instant, j'avais souhaité le posséder, de le faire miens. Je fermais un peu les yeux, secouant un peu la tête en entendant ses mots. Sans doute qu'il avait raison, que je devrais sans doute me vautrer dans la luxure et consommer du plaisir charnel avec le premier venu? Mais ce n'étais pas moi. J'étais sans doute vieux jeu, mais...je n'envisageais pas le sexe sans sentiment. Les dures paroles de l'homme d'entretien ne m'atteignaient qu'à moitié. Car j'étais en paix avec moi-même, avec ce que j'étais...j'assumais le moindre trait de ma personnalité...que cela plaise ou non. Mais qu'en était-il de Jian?

Ce qui me touchait en revanche, c'était cette impression de vulnérabilité et de fragilité qui s'échappait de la moindre parcelle de sa peau. Déjà tout à l'heure, cela m'avait frappé. Il me...donnait l'envie de le protéger, plus que n'importe quelle autre personne au monde. Et puis il m'annonça qu'il allait partir. C'était peut-être mieux ainsi? Je ne savais pas ce qu'il attendait de moi mais s'il voulait simplement une partie de jambes en l'air avec moi, c'était peine perdu. Et pourtant j'inspirais à font l'air frais de la nuit...accélérant le pas dans sa direction pour le rattraper par le bras.

"Attends!"


Je le retenais avec force sans pour autant lui démolir le bras et le tourna vers moi. Plongeant son regard dans le sien, je remarquais encore les larmes briller dans ses yeux. Misère...par deux fois j'avais fais pleurer ce garçon ce soir. Doucement, tendrement, je passais mon pouce sous sa paupière, voulant chasser les gouttes d'eau salées qui allaient s'en échapper.

"Excuses-moi...je...je t'ai encore blessé."


Je continuais de caresser doucement sa joue...sa peau était vraiment très douce. Et...comme tout à l'heure, je me retrouvais attiré par lui tel un aimant. Mes lèvres s'approchèrent de nouveau des siennes les scellent de nouveau en un baisé qui n'était pas des plus chastes.

"Reste...avec moi."

Je le serrais alors contre moi, pour le protéger du froid.

"Ne pleure pas s'il te plait."

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MessageSujet: Re: Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]   

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Je te salue juste parce que je suis poli [Jian♥]

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