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 broken smile ✤ Kazuki

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Watashi wa

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Date d'inscription : 22/09/2013
Messages : 206

MessageSujet: broken smile ✤ Kazuki   Mer 29 Jan - 20:17



❝ broken smile❞


Je ne savais plus du tout où aller, que faire, j’avais comme un souvenir obscur en tête qui ne me donnait encore plus envie de pleurer. Les nerfs avaient craqué, je n’en pouvais plus : j’en avais assez de pleurer là maintenant.. je me forçais à ne plus laisser couler toute mes larmes, mais rien n'y faisait.. j’étais au bord de la crise de sanglots. Je ne pouvais faire quoique ce soit, absolument plus rien, j’étais proie à l’ennui, il me manquait. Je n’avais jamais connu un vide si profond qui m'entourait.. j’étais prête à m’adonner à la facilité, soit  de sauter à pied joints dedans. Ne plus jamais réapparaitre, ouais. C’était tellement mieux ! Ne plus offrir de possibilité aux autres de me blaser littéralement, de me dévisager avec insistance, chose que je supportais  depuis tellement longtemps, mais comment fait-on pour s'y habituer? La déprime est un trou sans fin, duquel on ne sort qu'en voyant une lumière, un espoir visible.. souvent impossible, mais saisissable pour ce sortir de cette abysse des plus obscures qu'il soit.. Mais tôt ou tard, on replonge ! J’avais changé y'a pas longtemps, je voulais bien reprendre ma vie en main, sourire à tout bout de champ, mais je ne pouvais plus à présent, toujours prise de ces crises.  Et horrifiée face à cette vérité, je me sentais bien plus seule que n'importe qui, mais je ne pouvais pas en parler, ce serait comme entraîner les autres dans ma noyage, leur mettre un fardeau supplémentaire sur les épaules, du moins, si j’avais le courage de confier mon mal être, chose dont nul ne connait la raison.

La lune perçait l'obscurité de la rue dans laquelle j’errais, menant au planétarium, je me sentais comme dans un trou sans fond, à tourner en rond, la lune était-elle donc l'espoir cherché? Mais, que symbolisait-elle? À quoi servait-elle, si c'était elle l'espoir de la vie? Elle était présente lors des nuits les plus sombres.. Était-ce ça? Ça qu'il fallait saisir dans cette question? Trouver une chose qui nous éclairerait dans les moments les plus difficiles, qui nous maintiendraient encore un peu sur cette maudite terre? Que de question ce soir.. Mais toute aussi.. dure de réponse pour moi.. Je me frotte les yeux rouges, sortit mon mouchoir, cette fois ci, je n’avais plus envie de reprendre ma vie en main pour redresser la situation, tout était perdu, j’en étais tellement convaincu à présent.. Je séchais mes yeux à nouveau, mais une fois les joues séchées, de nouveaux flots coulèrent abondamment.. Je n'en pouvais plus, plus du tout, pourquoi ? J’étais littéralement au bout du rouleau, je n’ai que 17 ans, et me voilà déjà lasse.

Je n’avais que 17 ans et je ne saisissais pas l'état d'esprit de ce monde, je n'avais que 17 ans et je me posais tant de question, je n'avais que 17 ans et je connaissais déjà la souffrance d’un cœur brisé en 1000 pièces, je n’avais que 17 ans et je n'en pouvais plus de tout ça.. Mais suffoquer pour un traumatisme constant, était-ce le motif de ma déprime? Je ne voulais plus mettre un pied devant l'autre dans ce monde sans risquer de chuter, je ne voulais plus regarder qui que ce soit sans risquer de souffrir.. Il me manquait, mon frère jumeau.. Mais, il ne viendra plus jamais pour me voir, sans réfléchir, je m'étais assise sur une marche d’escalier, devant le planétarium tout en laissant circuler à sens unique sur mes joues rosies par le froid, des larmes intarissable. Bref, j'en étais ou? Je sais plus.. Combien de fois je m'étais donc retrouver dans cette situation? A se dire que rien ne pouvait être pire? Une bonne centaine de fois ! Mais qu'y pouvais-je si je n'étais en aucun cas joyeuse tous les jours? Rester des heures là, à se demander si quelqu'un viendra me chercher? Viendra me voir? Qui sait, peut-être Kazuki ? peut-être Hyo Sun.. Peut-être personne ! Pourquoi est-ce que je pensais à Kazuki, là tout de suite, maintenant ? Et sans même  que je comprenne pourquoi, mon cœur rata un battement, tandis que mes joues s’empourprèrent.

Il était tard mais le soleil n'était pas encore entièrement disparu. Une ombre traversant la brume du soir vint s’imposer devant mes yeux aveuglés qui ne parvenaient pas à distinguer l’identité de cet individu me faisant face. Vêtue d'une longue robe bleue d’encre, mes cheveux rattaché en une queue bien nette, je venais de fermer les yeux pour ressentir toute la puissance spirituelle de l'instant.


_________________

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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Mer 5 Fév - 6:41

J'étais seul. Comme d'habitude, depuis quelques temps. Enfin, j'avais des amis, mais à l'intérieur je restais seul. Dans ma tête, il n'y avait qu'une personne. Et elle ne voulait pas la quitter, malgré mes tentatives. J'avais tout essayé... M'occuper avec du sport à n'importe quelle minute de temps libre, voir encore plus mes amis chez moi également, organiser des fêtes et des jeux... À quoi cela servait, si je ne parvenais pas à me distraire...? Je m'amusais énormément dans ma vie, et ce depuis ma plus tendre enfance. J'étais parfaitement heureux, et encore à présent, mais depuis que j'avais rencontré cette fille, j'avais l'impression d'avoir légèrement changé. Je restais bien le même, mais de nombreuses pensées m'habitaient, et certaines me semblaient pour le moins étranges, ou incompréhensibles. Et plus le temps passait plus je me sentais seul, comme si j'avais soudainement besoin d'amour. L'amour de ma famille, je n'en manquais pas, et j'avais des amis. Il ne manquerait plus que ce soit une petite amie, ce qu'il me faudrait...
C'était quoi mon problème avec Hanae ? Je l'ignorais et je ne voulais pas le savoir.

Il commençait à neiger. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'étais sorti. Sûrement un simple besoin de prendre l'air. Ou de réfléchir. Ou d'être seul... Mettant ma capuche sur ma tête, je frissonnai légèrement, sans avoir vraiment froid pourtant. Il faisait déjà complètement nuit... Il faut dire qu'il était assez tard. Marchant silencieusement dans les rues, sentant la neige crisser sous mes chaussures, je finis par arriver près du planétarium. Il y avait des escaliers, et il m'arrivait d'aller m'y assoir avec mes amis, en journée.

Mais ce soir-là, il n'y avait pas mes amis. Il y avait Hanae. La reconnaissant sans même voir son visage, j'eu envie de faire demi-tour, sans savoir pourquoi. Pourtant je ne la détestais pas le moins du monde... Mais en m'approchant un peu plus, je remarquai qu'elle semblait sangloter, et je pouvais voir les larmes scintiller à la lueur de la lune. Tout d'un coup, je me sentis inquiet, dans le besoin irrépressible de la protéger, de savoir ce qu'il n'allait pas, de pouvoir la voir sourire. Elle était magnifique, dans sa longue robe bleu, même triste, elle était si belle... Ah, mais que me mettais-je à penser, moi...? Je ne ressentais rien d'amoureux pour elle, non...? Juste que je l'appréciais sans vraiment la connaître... Je ne savais pas trop, mais je refusais de penser que je l'aimais.

Nous étions si différents... Moi, avec mon sweat et ma capuche, décoiffé, et elle, avec ses cheveux rattachés en queue de cheval et sa longue robe d'encre. J'ignorais pourquoi elle semblait si bien habillée et entretenue alors qu'elle était seule et qu'il se mettait à neiger. Je savais juste qu'elle était triste et que j'avais une envie irrépressible de la serrer dans mes bras. Au lieu de cela, je m'agenouillai devant elle. Elle fermait les yeux, elle devait donc ne pas m'avoir vu... Doucement, je posai ma main sur la sienne, murmurant sur un ton soucieux, que je tentais de rendre le plus doux possible :

_ Hanae... Ça va pas ?

Je ne pouvais pas faire plus, même si je me sentais complètement idiot....

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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Mer 5 Fév - 20:45



❝ broken smile❞

Tenue de Hanae

Je frissonnais même si je ne savais pas vraiment si c'était à cause de la peur ou du froid.. Tout ce brouillard mental autour de moi,  ça avait quelque chose d'inquiétant mais aussi de transi et en un rien de temps, lorsque celui-ci m’avait totalement enveloppé, la chair de poule recouvrait mes bras comme une seconde peau. Une toute toute petite main posée sur la rambarde de l’escalier se tenait bien à l'écart. Derrière cette main, bien sûr, quelqu'un. Ce quelqu'un, maintenant, c'était une toute petite chose. Une demoiselle, autrement dire moi, qui voudrait parfois disparaître dans de lointaines contrées afin de ne pas me laisser consumer par la dépréciation de mon être. De figure, je n’avais pas changé. Visage exsangue, pâle comme à l'habitude, maintenant, mais j’étais devenue de plus en plus chétive. Mes petits yeux creux fixaient le vide avec une envie certaine. N'abandonnerais-je jamais ses idées ? Je crois que non. Enfin bref. Qu'est ce qui m’amenait ici ? Revenir ici, marcher sur les traces de pas, que jadis j’avais emprunté en sa compagnie. C’était comme un rituel, à la même heure, ici au même endroit, ce jour-ci là … Je célébrais l’anniversaire de sa mort, ô comme il me manquait !

C'était étrange de voir quelqu'un... Cet escalier  était désert en général, mais plus à présent. Je portais ma main droite à ma bouche pour étouffer un petit éternuement. Je me frictionne les bras avant de revêtir un manteau noir, puis le bruissement de pas sembla me faire relever la tête. J’abaissais la main pressé contre ma bouche afin de la reposer sur ma cuisse et mon petit royaume de bonheur s'était ouvert à moi lorsque je clignai des yeux une dernière fois, les rêves, tourmentés néanmoins... je m'en foutais  pas mal de vivre des cauchemars, en fait, la peur ne s'était jamais vraiment emparé de moi comme lorsqu’un individu s’emportait dans un délire nocturne. Bref... Quelques pas plus loin se firent entendre, je savais que quelqu’un venait mais.. je sentais mes forces me quitter. Je fermais les yeux dans l’espoir de les recouvrir, mais je me sentais comme sur le point de quitter mon corps pour voler loin très loin, limite  tout près de la Lune. La voix de Kazuki me fit sursauter, et comme plongée dans un rêve, je me réveillais de ma torpeur.  Alors. J’entrouvris t un œil, un deuxième, et là je me questionnais sur mon état. Etais-je donc en train de rêver ?

- Kazuki … ?

Ce sentiment  insatiable, inassouvie et inavouable, il n’a aucun alibi, aucun endroit où se terrer et par-dessus tout, il semble se pavaner avec fierté de ma simple condition. Il existe, il persiste, il se divulgue dans son entièreté. Je lis ce sentiment dans mes yeux, alors que je suis soumise à son règne, je le déchiffre derrière les nuances opalines de mon teint et le maudit de tout mon être. Même si je me détourne, il est là, il me traque. Il me ronge de l’intérieur. Son reflet me toise avec sévérité mais qui se contemple vraiment ? Moi ou ce sentiment refoulé ? Je ne saurais le dire parce qu’avec effroi, je dois admettre que nous sommes qu’une seule et même entité. Je ne me comprenais plus, c’était trop pour moi, pourquoi ce sentiment se dardait-il vers cette seule et même personne : Kazuki ? Encore et toujours plus ardant était ce besoin intarissable que d’être à ses côtés. Une nouvelle vague de larmes vint embuer mes yeux de biche, alors que je me mordais la lèvre inférieure baissant la tête avec honte.  La main du jeune homme emprunta un sentier inhabituel jusqu’à ma peau, ma main. Un frisson ridicule me brime l’échine quand j’accuse ce contact. Peur ? Oh, si seulement il s’agissait de ça.

- Je suis désolée, tu … je ne voulais pas te voir dans un état pareil. Pas aujourd’hui …

Je m’arme de courage afin de lever mes yeux vers lui, plongeant mon regard dans le sien. Entre une légère quinte de toux, et deux reniflements, je m’essaye à lui adresser un sourire – à mi-chemin d’être une grimace – afin de le rassurer.

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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Lun 17 Fév - 18:19

Tenue de Kazuki

Elle était là, magnifique, majestueuse, vêtue d'une robe bleue nuit qui lui allait à merveille, mettant en valeur ses cuisses... Mais elle pleurait. J'aurais préféré la voir sourire. Je me sentais ridicule, avec mon gilet et ma capuche, mes cheveux pas vraiment coiffés et mon jean large à moitié déchiré. J'avais le look parfait de l'adolescent rebelle, et je ne m'en étais jamais caché, mais en cet instant j'avais juste l'impression d'être anormalement négligé. Pourquoi était-elle si belle, si bien vêtue alors qu'elle restait seule sur les marches des escaliers, à pleurer qui plus est ? Attendait-elle quelqu'un ? Avait-elle un rendez-vous ? Je n'en savais rien, je savais juste qu'elle ne pouvait pas rester là seule. Et moi, je ne pouvais pas la voir triste sans rien faire. Cela faisait déjà quelques temps que j'avais l'impression de vouloir la protéger. Pourquoi ? Je ne voulais même pas le savoir...

Je me mordis la lèvre en l'entendant murmurer mon prénom. Je crois que c'était la première fois qu'elle m'appelait, aussi directement, comme ça. Elle semblait surprise. Agréable ou désagréablement, je l'ignorais. Aucun sourire n'était venu illuminer son beau visage. Elle se mordît la lèvre, tandis que je vis ses yeux sombres s'embuer de larmes. Cette vision me fendît littéralement le cœur. Elle frissonna lorsque je posai ma main sur la sienne. Elle murmura qu'elle était désolée d'être dans un pareil état. Une sorte de colère m'envahit. Aucunement contre elle, je ne savais même pas contre quoi au fait. Ça m'énervait de la voir triste, sans savoir pourquoi, ça m'énervait de ne rien pouvoir faire.  Je me mordis la lèvre à mon tour.

_ Tu m'expliques pourquoi tu t'excuses ? m'exclamai-je sur un ton interloqué, presque trop nerveux.

Je lui adressai un léger sourire plus doux, presque confus d'avoir haussé le ton involontairement. Ce n'était pas contre elle encore une fois. Mon regard était plein de tendresse, et je me mordis la lèvre de nouveau. Elle semblait si fragile... Ça me donnait tellement envie de la protéger. Passant une main dans mes cheveux, gêné, je murmurai après m'être raclé la gorge :

_ Tu n'as pas besoin d'être désolée. Je préfère juste te voir souriante que triste... Qu'est ce qui ne va pas ?

J'espérais qu'elle n'allait pas me dire "Non rien, tout va bien." J'espérais plutôt qu'elle pourrait me faire confiance. Qu'elle allait se confier. Ou qu'elle allait me dire ce que je pouvais faire pour l'aider. M'asseyant à côté d'elle, je levai les yeux vers le ciel étoilé. C'était si beau, avec les flocons de neige qui virevoltaient lentement au gré du vent... Même si mon esprit était tourmenté par Hanae, je ne pus m'empêcher de me sentir bien, assis près d'elle, dans la nuit, seuls...

_ Tu... N'es pas obligée de me dire. Mais... Tu sais, ça me fend le cœur de te voir comme ça. murmurai-je, sans savoir si elle allait entendre.

Peut-être quelqu'un l'avait blessée... Peut-être avait-elle un chagrin d'amour... Si c'était un des deux cas,  j'avais comme une envie d'aller refaire le portait de celui qui osait la faire pleurer. Elle était si belle, si mignonne, adorable, douce, fragile, qu'il m'était impossible d'envisager lui faire du mal... Je commençais à avoir l'impression de comprendre ce qui m'arrivait avec elle. C'était pourtant si simple, à comprendre, après tant de jours, de semaines à la regarder sans vouloir l'approcher... Je l'aimais, c'était pourtant évident, et à la voir près de moi, à pleurer comme si quelque chose l'avait brisée, je me sentais idiot, égoïste de ne pas y avoir pensé avant. Ou bien faisais-je exprès...
J'étais en pleine prise de conscience, mais étrangement, je restais assis, à regarder le ciel. J'avais l'impression de ne pas avoir découvert grand chose... Et je voulais rester avec elle. Tout simplement. Sans même que j'y fasse attention, je lui pris la main, avec la mienne qui était posée sur la sienne. Je me sentis si timide, mal à l'aise, mais en même temps si bien... Et aussi malheureux de la voir malheureuse justement.
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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Sam 1 Mar - 18:28



❝ broken smile❞

Suis-je morte ? Quel jour sommes-nous ? Quelle heure ? Quel mois ? Je ne savais plus. Dans ma tête tout se mélange. Les courants d’air portés par le vent me lacèrent le visage comme des coups de cutter. Mes pieds étaient comme gelés, mon estomac douloureux, mes os prêts à se rompre. Et pourtant, j’étais plus qu’anxieuse, effondrée de tristesse. Si hargneuse que mon cœur semblait étouffer d’un trop plein d’exacerbation, je n’avais qu’une seule envie, crier tellement ma tristesse était à son apogée. Et malgré cette sensation de deuil qui me saisissait, il y avait toujours une part de peur. Et tandis que j’avais peur, Kazuki vint. Et venant, ma peur diminua. Je n’étais pas véritablement terrorisée, mais je redoutais l’idée même qu’il puisse être déçu à me voir aussi faible, il était la seule personne à qui j’avais peur de faire mauvaise impression, habituellement, j’étais totalement indifférente aux regards que les gens me lançaient. Je sais que je suis particulièrement marginale, mais cela ne voulait pas dire que j’en suis chagrinée, au contraire, je n’aime pas qu'on m'approche, pourtant la présence de Kazuki m’est indispensable, elle m’apaise presque. Avant même que je m’en rende compte, j’étais dépendante. Seulement depuis quelques temps, je suis assez réticente envers sa compagnie.

La principale raison de ma solitude était tout simplement, que j’avais cette crainte d'être trahie ou déçue, je n’avais jamais rien eu sentimentalement - ni amis, ni une personne à aimer, c'est pourquoi avec lui.. Être simplement avec lui, suffisait à me satisfaire, je n’avais jamais rien demandé et ne voulais jamais attendre quelque chose de quelqu'un, je n’avais donc pas l'impression d'avoir été capricieuse. Pourtant, l'inévitable arriva : comprendre qu’il pourrait être quelqu’un d’essentiel à mes yeux  – cette nouvelle me fit prendre conscience de mon erreur : on peut aimer profondément quelqu'un, à un point que ça en ait insupportable et pourtant ne pas lui faire confiance et inversement, c'était donc deux choses bien distinctes à mes yeux. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi il commençait à hanter mon esprit. Je sursaute de stupeur, alors qu’il me questionna d’une manière un peu rude à mes oreilles. Interloquée, je balbutie d’une voix tremblotante :

« Euh … je ne sais pas, ce n’est pas agréable d’avoir quelqu’un qui pleure, je suppose ? »

Le martèlement des chaussures de Kazuki était le seul bruit qui se répercutait en écho dans la rue déserte. L'oppression, la suffocation tout était bon pour m’entraver, subissant la désagréable sensation d'un étau autour de ma gorge. Le sentiment qu'on allait me broyer la poitrine était omniprésent et rien pour m’ôter cette cuisante impression. Je déglutis avec difficulté tout en posant mon regard sur le jeune homme me faisant face à genoux, sa main posé contre la mienne. A quoi pensait-il ? Comment se sentait-il? Quoique cette question avait sa réponse, mais je ne pouvais m'empêcher de me poser ces innombrables interrogations sur ce bout de jeune homme qui avait autant, voir plus d'importance que ma propre vie. Alors savoir dans quel état il est, me rendait sceptique. Je me mordis la lèvre inférieure avec anxiété, il me questionnait sur mon état. Incapable de lui mentir, je lui déclare avec hésitation :

« Au …  Aujourd’hui, ça fait un an que mon frère jumeau est mort, alors je … »

Ma voix s’éteint dans ma gorge tandis que je lui adressais un grand sourire mélancolique qui se voulait réconfortant. Oui,  un sourire afin de lui faire croire que ce mal être était passager, le détourner de cette cruelle vérité : celle d’un deuil qui ne voulait pas se terminer. Et comme pour répondre à la supplique qui émanait de mon cœur, il me saisit la main. Abasourdie dans un premier temps, mon visage afficha une expression sereine tandis que j’entrelaçais mes doigts entre les siens avant de le tirer pour qu’il se mette debout.

« Suis-moi, viens … »

Gracieusement, je l’entrainais avec moi à l’intérieur du Planétarium, que j’avais élu comme domicile lors de mes moments de solitude, comme un lieu pour me recueillir. Je me dirigeais vers le comptoir de l’accueil, sans lâcher la main de Kazuki, où le Directeur de l’établissement m’attendait avec un rose blanche à la main. Il me la tendit, le visage grave alors qu’il m’adresse des amitiés d’une voix solennelle :

« Mes condoléances Mademoiselle Iwasa, la perte de votre frère me touche profondément, compte tenu qu’il aimait venir régulièrement ici. ; Je vous ai réservé la salle où il se rendait souvent, elle est au bout du couloir. »

D’un hochement de tête, silencieuse, je resserre doucement ma main contre celle de Kazuki, avant de lui adresser un regard. Égoïste, j’avais envie de me montrer égoïste avec lui. Je voulais qu’il vienne avec moi dans cette salle noire où les étoiles seront projetées ; m’accompagner dans ce voyage enivrant, sans me laisser, être à mes côtés, sans que le temps ne puisse s’arrêter.

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Mar 11 Mar - 6:46

Elle était vraiment magnifique. Ce fut que je n'arrêtais pas de me répéter. Vraiment magnifique. Mais elle pleurait. Ça détruisait tout, car je voulais juste voir son sourire, la faire rire, la rendre heureuse, la consoler, servir à quelque chose à ses yeux. J'ignorais ce qu'étaient ces sentiments, que je ressentais pourtant si ardemment, en cet instant... Je me mordis la lèvre. Était-ce normal, qu'un garçon ressente cela pour une fille, de manière si forte et si vague à la fois ? Me changeant les idées, je la questionnai un peu rudement mais ce n'était pas contre elle. J'étais juste énervé de la voir pleurer sans rien pouvoir faire. Elle sembla déroutée, et je me sentis coupable d'avoir usé de ce temps lorsque j'entendis sa voix tremblante.

Elle disait que ce n'était pas agréable d'avoir quelqu'un qui pleurait... Non, ce n'était pas agréable, effectivement. Mais ce n'était pas de sa faute. Ce qui n'était pas agréable, c'était de la voir malheureuse. Je soupirai légèrement. Je n'avais jamais pensé de manière aussi... Attentionnée, envers quelqu'un. Voir les choses de cette manière me semblait presque niais. Mais je n'y pouvais rien. Depuis que je la connaissais, je ne faisais que la regarder de loin, sans me demander ce qui m'arrivait, sans chercher à l'approcher. Je n'osais pas. Et à présent que je la voyais là, assise, à pleurer, j'avais l'impression de me rendre compte de quelque chose d'important... Je ne savais même pas quoi... Mais quelque chose venait de se confirmer au fond de moi.

Demandant gentiment à Hanae ce qui n'allait pas, je ne m'attendais pas à sa réponse, c'était le moins que l'on puisse dire. Elle m'annonça que son frère jumeau était mort, il y avait un an. Je me mordis la lèvre. Je ne savais pas quoi dire... Et j'étais loin d'être au courant. Je ne savais même pas qu'elle avait un frère jumeau... Je me sentis coupable de lui avoir demandé pourquoi elle pleurait. Ce devait être si douloureux de me dire ça.

« Dé... Désolé... »

J'avais entendu sa voix s'éteindre, j'avais vu son sourire mélancolique, incroyablement triste. Comme s'il était forcé. Je lui pris la main presque instantanément. J'avais l'impression qu'elle en avait besoin, que je devais la rattraper si je ne voulais pas qu'elle bascule. Je me sentis rougir légèrement. Jamais je n'avais fait ça de ma vie, jamais je n'aurais cru qu'un jour j'oserais. Mais là, elle était mal, et ça n'avait pas d'importance, de savoir si j'étais gêné ou non. Ce qui comptait, c'était que je puisse l'aider... De mon mieux, à ma manière. Je sentis mon cœur se réchauffer en la voyant afficher une expression sereine, avant d'entrelacer ses doigts avec les miens, ce qui me fit sourire moi aussi. Elle se leva, me tirant légèrement, sans lâcher ma main.

« Suis-moi, viens … »

Je la suivis donc, comme elle me le demandait. Elle m'entraîna à l'intérieur du planétarium, dans lequel je n'étais d'ailleurs jamais entré. Un homme était au comptoir, une rose blanche à la main. Il déclara qu'il était attristé de la mort du jumeau de Hanae, et qu'il lui avait réservé une salle dans laquelle il venait souvent avant de mourir, apparemment. Je crus, pendant une seconde, pouvoir comprendre la douleur de Hanae. Mais moi, je n'avais jamais été confronté à la perte d'un membre de ma famille. Celle-ci hocha la tête sans un mot. Je ressentis une sorte de chaleur à l'estomac en sentant sa main se resserrer contre la mienne. Je lui souris, d'un sourire plutôt pâle mais sincère. Je murmurai, ne sachant pas trop quoi dire pour la réconforter :
« Tu aimes regarder les étoiles … moi aussi j'aime ça. »

Ce n'était pas ma passion, mon passe temps favori ou mon échappatoire. Simplement, je regardais souvent le ciel lorsque je marchais le soir, ou lorsque j'avais la chance de pouvoir l'apercevoir clairement par la fenêtre de la chambre. Je me souvenais aussi des quelques vacances avec des amis que j'avais passées plus jeunes, durant lesquelles je dormais au clair de lune. Ça me faisait voyager et m'occupait, de regarder le ciel, parfois. Quand je n'arrivais pas à dormir par exemple. Et puis, je veux faire plaisir à Hanae. Je compris alors, brusquement, que ce dont je m'étais rendu compte, c'était que je l'aimais. Je me mordis la lèvre, baissant les yeux. Je ne pus m'empêcher de serrer la main de la jeune fille un peu plus fort. Je ne savais vraiment pas quoi faire pour qu'elle aille mieux.

« Pleure pas. J'aime pas quand tu pleures. » déclarai-je sur un ton très sérieux.

Je savais que la manière dont je disais cela était brute, mais j'espérais qu'elle allait comprendre ce que je voulais dire. Te voir triste me rend triste. Je soupirai, passant une main dans mes cheveux, geste que j'avais l'habitude de faire, surtout lorsque j'étais stressé ou que je ne savais pas quoi faire de mes mains.
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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Sam 15 Mar - 23:57



❝ broken smile❞


Le Planétarium … un nom qui m’inspire, si ce n’est pas pour dire qui me plonge dans le ravissement. Engouement qui semble enivrer mes sens, provoquant en moi un florilège de sensation fougueux. Exaltation palpable par l’apparition d’une chair de poule, seconde peau, qui recouvre délicatement mon épiderme laiteux. L’euphorie qui m’habitait par le passé aurait eu la possibilité de me faire perdre la tête sur ce lieu où plus rien ne semble exister si ce n’est que cet infini, qui a pour faculté d’annihiler tout discernement chez l’être humain hypnotisé. Mes pupilles chocolatées se dilatèrent, comme pour canaliser toute la noirceur de la salle étoilée, afin de venir peindre d’un noir d’encre l’iris impériale qui surplombe mon regard. ; Dans l’obscurité fraichement apprivoisé par la brise du soir, alors que lui, Kazuki me fait face, je ne peux m’empêcher de respirer à plein poumons, je lui serre toujours la main alors que nous sommes plongés dans la pénombre. Et alors il s’est passé quelque chose : je me suis laissé aller dans un total oubli de moi-même, envahie par la nuit, le silence et la plénitude. Ce sentiment d’abandon de ce fardeau immense me parait libérateur, apporte une réaction proche du repos solennel. Et c’est à son paroxysme que mes yeux s’ouvrent grand sur des néants que je n’aurais jamais soupçonnés. Imprégnée dans cette rafale constante, l’élection de ce lieu comme refuge avait été une condition alléchante, mais quoi que de plus dégradant que de vivre soi-même dans un rêve éveillé ? Mes lèvres pulpeuse d’un rouge vermeille s’étire afin d’exposer au grand jour l’esquisse d’un sourire. « Je n’irai pas jusqu’à dire que ça me passionne, mais oui … ça fait passer le temps » déclarais-je avec calme.

Rien que pour le geste, je n’avais pas songé aux conséquences qu’il aurait pour engendrer. Pour être honnête, une seule chose me gouvernait en cet instant : celle d’être à ses côtés ce soir, à rêver pour deux rien qu’en fermant les yeux, et m’abandonner dans cet univers intemporel. Le temps se suspend - une seconde, peut-être deux. Un faux silence me fait apprécier à leur juste valeur, les yeux de mon interlocuteur. Ses paroles me touchent profondément, mais le blâme de la mort de mon frère raisonne lorsque je me remémore le florilège d’expression qui passait dans ses yeux trop grands, trop brillants, trop captivants. Durant de longues secondes, je suis emportée dans des courants sinueux, embarquée et très vite naufragée sur les rebords de cette pupille trop dilatée, trop présente pour que le chocolat la distance assez longtemps. Je veux oublier la noirceur de ce regard qui m’enivre et me rebute, comme je tente d’omettre le moment inopportun. Aujourd’hui, c’est un autre homme qui semble avoir pris sa place, et cette vérité était aussi réelle qu’effroyable à mes yeux,  Kazuki est la raison de cette crainte. Compliqué et atrocement simple à la fois quand Kazuki hante mon espace proche. Il occulte et engendre les brèches avec une constance déroutante. Je hoche la tête tout en lui adressant un sourire radieux : « Pleurer n’est plus autorisé quand tu es là … avec moi. » ; Chaque mètre que je parcourais bâtait un rythme régulier par le claquement assourdissant de mes talons en un alliage en fer, pénétré par une plume légère de telle sorte qu'on pouvait y voir des roses, qui embellissait des bottes fines en cuir sur le sol bétonné ; et ce malgré des pas léger et souple. Faisant preuve d'une élégance dont j’étais seule maîtresse, virtuose dans l'art de plaire. Mon visage à huis clos, tenu à l'écart des regards indésirables était froid, mes yeux revêches, alors que je foulais le sol en me dirigeant vers Kazuki. Je me rapprochais un peu plus du jeune homme, violant ainsi son intimité, son espace vital pour me glisser derrière son dos afin de l’enlacer, une main posée contre son torse et l’autre remontant le long de son bras pour finir sa course à son épaule. Épaule sur laquelle je m’appuie comme point d’impulsion pour me mettre sur la pointe des pieds, et lui déposer un baiser contre sa joue : « Merci Kazuki, tu es adorable ! »

Je ne sais pas ce qui me prend, mais je ressens un besoin incompressible de l’enlacer. Nous sommes proches. Trop proches. Si proche que je peux en humer et séparer chaque composante du parfum qui émane vicieusement et adroitement de son épiderme. Cet arôme se perd dans mes poumons, m’intoxique de l’intérieur. Poison et remède, il détériore et rapièce. Aphrodisiaque, séduisant et attrayant à l’image de son propriétaire, il s’insinue pour mieux me piéger sournoisement. Enivrée, je me déplace lentement pour lui faire face, je plonge mon regard dans le siens avant de lui chuchoter d’une voix suave : « Tu m’accordes une danse ? Je ne sais pas, j’ai envie de faire quelques pas, même du sur place. »

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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Mer 26 Mar - 2:57

Je me sentais comme un enfant. Je ne savais pas quoi lui dire, je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment penser, avec elle. J'avais l'impression de ne rien connaître de la vie. Et je ne connaissais rien. Je n'avais jamais été confronté à la perte d'un être cher, à la mort d'une personne que j'aime. Mais elle, si. Elle respirait la tristesse, tout son être semblait m'appeler à l'aide. Mais que faire ? Je n'avais rien pour la consoler. Alors, je me contentais de fixer. L'obscurité dans fin. Le vide plein d'étoiles. Au bout de quelques secondes à peine, je sentis les mains de Hanae se détendre, j'entendis sa respiration se ralentir comme si elle s'endormait. Je ne la regardais pas, je restais focalisé sur le néant pailleté qui s'offrait à moi. C'était agréable. Silencieux. Moi, Kazuki. Le cancre, le pitre, celui qui faisait tout le temps de bruit, qui ne tenait pas en place et ne semblait pas intéressé par grand chose. J'étais dans un planétarium, absorbé par la vision qui s'offrait à moi, tenant la main de Hanae. Cela me semblait tellement improbable. Mais cela faisait aussi longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien. J'avais l'impression qu'il fallait que je profite du moment. Ce silence était si confortable. Tout était merveilleux. Vraiment, je n'avais jamais vécu une telle expérience. Je tournai légèrement la tête en entendant Hanae murmurer quelque chose.

Ses yeux étaient grand ouvert, ses pupilles dilatées, un sourire merveilleux étirait ses lèvres. Elle était magnifique comme cela. L'air épanouie. Un peu plus heureuse, peut-être. Elle me disait que, même si ce n'était pas vraiment une passion de regarder les étoiles, ça lui faisait passer le temps. Je souris. Pendant une seconde, qui me semblait être des siècles, nos regards se noyèrent l'un dans l'autre. Ses yeux étaient magnifiques. Elle semblait perdue. Je ne voyais pas de joie dans son regard, aux pupilles dilatées. J'avais l'impression de fixer un puis sans fond, et de tomber dedans. Le temps était toujours suspendu. Il n'y avait aucun bruit. Le sourire que m'adressa Hanae me dérouta grandement. Elle était radieuse, tout d'un coup.

« Pleurer n’est plus autorisé quand tu es là … avec moi. »

Elle n'avait pas le droit. De me dire ce genre de chose. De se rapprocher autant de moi. De m'embarrasser, de me faire rougir, d'obliger mon imagination à s'inventer des films et à se faire de faux espoirs. Elle avançait rapidement, seul le bruit de ses pas venait troubler le silence. Je m'apprêtais à ouvrir la bouche, à lui sourire, à lui demander ce qu'elle voulait, ce qui lui arrivait. Mais à la place, je restai sans voix. Elle se glissa derrière moi, m'enlaçant le torse d'une main, s'appuyant sur mon épaule de l'autre, pour venir m'embrasser sur la joue. Je ne bougeai pas. Je ne comprenais rien. Pourquoi ces mots, pourquoi cette attitude, soudainement ? Je ne pouvais pas nier le fait que j'appréciais ses contacts. Mais je ne pouvais m'empêcher de me poser des questions. Je devais juste me laisser aller, pourtant... Profiter de ma chance, du fait qu'on soit seuls tous les deux. Je fermai les yeux, soupirant légèrement. Elle se mît à me remercier, me qualifiant d'"adorable". Moi, adorable ? Jamais on ne m'avait dit cela. Je ne peux m'empêcher de rougir. Rougir... Ça ne va pas du tout à l'image que je tente de donner de moi.

Tout d'un coup, elle me lâcha. Je me sentis à la fois déçu et soulagé. Elle revint face à moi, me souriant comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. La manière dont elle me demandait une danse me semblait également étrange. Sa voix était basse et suave, ses regards appuyés. J'étais incapable de refuser, tout simplement pétrifié devant cette fille que, j'en étais sûr à présent, j'aimais éperdument. Elle était magnifique, si adorable en cet instant que je ne pus que hocher la tête et l'enlacer presque timidement et maladroitement par la taille.

« Bien sûr... »

Je lui souris. Et, doucement, sans musique, je me mis à avancer, me basant simplement sur les quelques connaissances en valse et en ballet que j'avais déjà vu à la télé. Oui, en réalité, je ne connaissais pas du tout la danse. La situation devait être assez comique, vue par des gens de l'extérieur. Je me retins d'ailleurs de rire. Parce que de mon côté, j'étais en réalité très sérieux et appliqué. Je ne voulais pas la décevoir. Étrangement, le temps parut s'évaporer tellement rapidement que je ne me rendis même pas compte que cela faisait déjà plusieurs longues minutes que nous dansions. J'étais resté focalisé sur son regard pendant tous nos pas. Je n'avais rien fixé d'autre. Je repris mes esprits, secouant légèrement la tête.

« Dé... Désolé... Je suis pas super doué... »

Je lui adressai alors un sourire gêné, légèrement penaud. J'avais tant de choses à lui dire. Déjà, tout simplement, je devais la remercier. Pour ces bons moments passés ensembles. Des moments durant lesquels on était restés silencieux, des moments de danse simples et innocents, pourtant qui m'avaient rendu heureux, dans l'obscurité et les reflets des astres du ciel. Je passai une main dans mes cheveux, me raclant légèrement la gorge, fixant le sol comme s'il était particulièrement intéressant, tout d'un coup.

« Cette soirée est merveilleuse... »

Je n'ose rien dire d'autre. Ça veut déjà tout dire. Que j'aime être avec elle. Que je me suis "amusé", l'air de rien. Qu'elle m'a détendu. Que la vue des étoiles m'avait apaisé. Que danser avec elle avait été si... Réconfortant, l'air de rien. Ça m'avait donné l'impression d'être un minimum important pour elle. De pouvoir lui faire plaisir et la réconforter à ma manière... Ce n'était pas grand-chose, mais déjà tellement pour moi. Et pour elle. Pour nous...

HRP : Désolée du retard ;;
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Watashi wa

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Mar 1 Avr - 22:26



❝ broken smile❞

Ce silence. Cette plénitude harmonieuse était parfaite, et c’était avec altruisme que je me laissais happer par cette perfection avoisinante. L’absence de bruits parasites, témoignait de ce renvoi en échos de chacune de mes respirations, le scintillement des étoiles illuminait mon regard et un large sourire se fendit sur mon visage marmoréen. Était-ce donc cela le vide intersidéral ? Cette cuisante certes, mais agréable sensation malgré tout, d’être seule, entière et corps et âme, seule dans l’univers ? C’était comme si j’étais plongée dans un sommeil lourd et profond, cette catégorie réconfortante du sommeil qui vous rend avide de vos rêves et tributaire, mais réfractaire de l’attente inconsciente de votre réveil. Perdu dans l’irréel du songe, je le laissais me m’enivrer, me nourrissant d’images reflétant mes aspirations presque secrètes. Omnisciente, je survolais du regard l’immensité de ce ciel étoilé et là, je savais que je n’étais qu’une petite chose, une toute petite petite petite chose. Cependant quand je regarde vers le ciel, je réalise à quel point je peux être insignifiante pour bien des personnes, mais malgré cela, ce qui repose autour de moi est un monde interminable en termes de possibilités. Ces innombrables étoiles de lumières qui rayonnent et illuminent le petit être que je suis. C’était presque comme si cette lumière tentait de me laver de mes pêchés, mes doutes, mes erreurs.

Il était là, avec moi. Cette perspective vint à mon esprit, un peu comme la cerise sur le gâteau, la touche ultime à la perfection de cette soirée. Élégant même au regard d'une ignorante telle que moi, j’abandonne la contemplation du décor et lui sourit à m'en faire mal. Comme régénératrice, toute autre pensée déserte mon esprit fugace pour se focaliser sur les traits de Kazuki, à la recherche de trouble caché que je ne distingue pas. Je ne percevais pas ce trouble que je pouvais susciter chez le jeune homme, persuadée d’agir pour le mieux afin de passer une soirée inoubliable à ses côtés. Et pour cela, je devais annihiler tous sentiments de détresse, oublier jusqu’à l’essence même du sentiment du désarroi et de la tristesse. Redevenir une jeune lycéenne n’ayant jamais eu à subir la perte d’un être chère. Rejeter à la mer, poser sur le haut d’une montagne ou encore enterrer dans les profondeurs du désert : cette Hanae qui pleure chaque jours la moitié de son être, son jumeau. Oui, je devais surmonter tout ça, pour moi, pour … lui, oui. Pour Kazuki, pendant une soirée, pour lui ?

Cet effleurement, cette étreinte. Je ne parvenais pas à la regretter, mais je ne pourrais cependant pas comprendre la motivation qui alimente ce geste. Presque par instinct, par besoin incontrôlable de le remercier, je l’avais étreint tout contre moi, là où j’ai pu, l’espace d’un instant m’abandonner à l’écoute des battements de son cœur. Son creux, bruits sourds mais cruellement enivrant, j’ai dû me faire force pour ne pas rester ainsi. Partir, me détacher de son emprise, abandonner cette sensation de réconfort pour me brusquer à revenir dans le monde réelle, celui où je suis seule, et non avec lui.

« Bien sûr... »

Il accède à ma requête, cède à ma supplique et exauce mon souhait. Furtivement, à l’image de sa timidité qui suinte de son être, Kazuki s’approche pour m’enlacer  par la taille, avant de glisser sa main dans la mienne. Je ne peux réprimer un sourire timide, alors que je glisse ma main contre son épaule avant de suivre la cadence de ses pas. Et là, j’eus la sensation que je m’embrasais de l’intérieur tellement je crus que j’allais exploser de bonheur. Le cœur battant à la chamade, le rouge aux joues, j’étais littéralement heureuse et surtout agréablement surprise par la justesse de sa valse. Dans la chaleur et le réconfort de ses bras, je me sentais étrangement légère, là où habituellement mes pieds se mouvaient en trainant mollement sur le sol, comme reliés entre eux par un boulet, en cet instant, ils semblaient ne plus toucher le sol. Oui, dans cette danse majestueuse, j’effleurais à peine le sol. Pauvre petite chose égarée venait de se métamorphoser en une sublime danseuse d’eau, et je prenais conscience que c’était dans ses bras que je m’épanouissais.  Depuis quand avait-il eu un semblant d’intérêt à mes yeux ? Depuis quand avais-je croisé son regard et imprimé son essence dans mon subconscient ? Et pis encore, depuis quand me sentais-je agréablement bien, au creux de ses bras.

« Oui, elle est sublime, et je t’en remercie du fond du cœur Kazuki.»

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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Ven 25 Avr - 11:07

Jamais, au grand jamais, je n'avais osé imaginer une telle situation. La vue magnifique, sur le ciel étoilé, la vaste salle, la musique imaginaire que je faisais résonner dans ma tête pour danser... Et surtout, elle. Hanae, c'était ça, ce qu'il y avait de plus beau. Elle souriait timidement, je pense que ça devait aussi être mon cas... Je faisais de mon mieux pour que tout soit parfait. Je me sentais heureux, oui, heureux... Je remarquais que Hanae semblait rougir.... Mon sourire devint moins timide, plus radieux, plus sincère. Je me sentais bien dans ses bras, on ne se quittait pas des yeux, le temps semblait s'étirer à l'infini. Et je me rendais compte que jamais je n'avais ressenti quelque chose de tel, que l'émotion qui m'enserrait le cœur en cet instant. C'était la première fois que je pouvais la prendre dans mes bras... Et, alors que je n'y avais pas vraiment réfléchi avant, j'avais à présent la nette impression que c'était ce que j'attendais, depuis quelques secondes, quelques minutes, quelques heures... Quelques jours peut-être ? Depuis quand m'avait-elle envouté, depuis quand m'avait-elle jeté un sort, pour que je me sente différent à ce point, en sa présence ? J'avais beau chercher au plus profond de ma mémoire, je ne me souvenais pas avoir déjà vécu un tel moment...

Je sentis mon cœur se réchauffer en entendant Hanae me remercier... Me remercier de cette soirée...? Je pense que ce n'était pas grâce à moi, mais je me contentais de lui sourire, ne la lâchant pas du regard. Je devais profiter de ce moment précieux, de cet instant où j'étais seul avec elle, sans autre bruit que celui de nos pas, sans autre présence que cette magnifique jeune fille, resplendissante, si près de moi. Ma main posée sur sa taille, son épaule contre la mienne... Tous ces contacts m'auraient semblé inappropriés, presque trop osés en temps normal, mais en cet instant, nous étions juste en train de valser, tendrement, sincèrement, nous laissant simplement emporter par la musique inexistante, par ce moment magique. Je finis par rompre le silence dans un murmure :

« Je ... Je n'avais jamais fait ça avant. »

Je lui adressai un sourire d'excuse. Je ne savais pas quoi faire de plus, pas quoi dire. Je restais près d'elle, je voulais continuer à danser avec elle, peut-être tout le reste de la soirée, la nuit... Mais il n'y avait pas que ça... La proximité entre nous deux, entre nos deux visage, la manière dont son regard était plongé dans le mien... Tout ça, ça avait tendance à légèrement me perturber... Je ne savais plus comment me comporter, au fond de moi, je voulais simplement me rapprocher encore d'elle, la prendre véritablement dans mes bras, et poser mes lèvres sur les siennes... Mais je ne pouvais pas agir comme si ça ne tenait qu'à moi. Alors, je lâchais sa taille, gardant sa main dans la mienne, la questionnant du regard. "Devrais-je rester, devrais-je partir ? Voudrais-tu danser encore, ou profiter d'autre chose ?" C'était ce que je lui demandais en silence. Je me demandais quelle heure il était, aussi. J'avais perdu la notion du temps, je n'avais aucune idée du nombre de minutes qui s'étaient écoulées. Et à vrai dire, je ne voulais pas savoir, je voulais rester avec elle sans qu'il n'y ait rien d'autre que nous deux dans cette salle.

Tout semblait sorti d'un rêve, le ciel étoilé, tel un tissu noir brodé de perles argentés. Même la manière dont agissait Hanae depuis le début de la soirée, la manière dont elle m'avait enlacé avant que je ne danse avec elle, ses regards appuyés... Tout cela me semblait tout simplement impossible. Mais c'était bien la réalité, et même si je me trompais peut-être, je devais profiter, sourire, être son prince charmant au moins pour cette nuit. Je lui souris de nouveau, passant une main dans ses cheveux, finissant par la poser sur sa nuque. Trop près... J'étais trop près... Je pouvais sentir son odeur qui me semblait entêtante, mais pas désagréable. Elle me brouillait l'esprit, son regard, aussi. J'avais l'impression de me noyer dans ses yeux...
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MessageSujet: Re: broken smile ✤ Kazuki   Jeu 15 Mai - 18:50

Ce contact, ventre à ventre, je l’appréhende, mais je ne laisse rien paraître, alors que je plongeais à nouveau, encore et toujours mon regard dans la profondeur de son regard chocolaté. Élégant compagnon, je ne peux réprimer un sourire radieux alors que je le regarde de haut en bas tout en secouant la tête. « Je suis heureuse d’être ta première partenaire, alors … ». Sa voix suave s’insinue en moi, je réceptionne ce frisson qui me comprime l’échine, qui m’enveloppe, m’enlace presque. Vibrato enivrant, aux sonorités oniriques, je me sentais presque englobé par sa présence virile, comme rassurée. Subjuguée, l’espace d’un instant, par cette proximité troublante, je me sentais à mon aise, là, au creux de ses bras. La gêne raisonne dans les yeux de Kazuki, trop grands, trop brillants, trop captivants. Durant de longues secondes, je suis emportée dans leurs courants sinueux, embarquée et très vite naufragée sur les rebords de cette pupille trop dilatée, trop présente pour que le chocolat la distance assez longtemps. En cet instant, je voulais presque oublier la noirceur de ce regard qui m’enivre et me terrorise, comme je tente d’omettre le contexte malvenu de cette soudaine allégresse qui s’embrase en moi. Compliqué et atrocement simple à la fois quand Kazuki hante mon espace proche. Il occulte et engendre les brèches avec une constance déroutante. A croire qu’il se complait de la réparation  de ma conviction profonde pour mieux le démolir juste après. C’est méticuleux comme travail, précis. Réussir à me faire douter de mes propres principes, comment pouvait-il ainsi me plonger dans la confusion la plus palpable ?

Un bourdonnement sourd ne cessait pas de vriller mes tympans, au rythme des tambours, martellement creux étouffé par une cloison hermétique. Et alors que je sondais l’air en reprenant avec discorde ma respiration, je prenais conscience que c’était le rythme déchaîné de mon organe cardiaque que j’entendais. Et là, dans cette perdition totale, j’entrouvris la bouche dans l’espoir d’y voir échapper un son, aussi infime soit-il. Seule la perdition vint me cueillir délicatement au creux de ses bras amorphe, là où dans la volonté de m’échapper de cette inondation, un bouillon maritime vint s’engouffrer dans mes poumons annihilant toute chance de survie. ; J’avais perdue toute notion d’espace, de temps et même de mouvement. Je n’avais pas pris conscience de l’arrêt de notre valse, ou encore de Kazuki quittant mes bras, s’éloignant et se séparant de moi. Un soubresaut d’agonie me propulse hors de cette léthargie, un trouble fugace traverse pendant quelques instants ma physionomie. La sensation de ses doigts traversant et inondant mes cheveux de jais me fit frissonner, frisson que j’accusais avec parcimonie, tandis que mon cœur s’accélérait lorsque le voyage de sa main se termina contre ma nuque. Surprise, je me contentais de le boire des yeux, Kazuki, celui qui détruisait ma philosophie de vie. Et comme pour m’exacerber à ce mal, je me rapprochais de lui là à nos silhouettes se dessinaient dans  l’immensité du ciel étoile du Planétarium. Je me savais parfaitement affligée par cette dualité naissante que m’inspirait Kazuki, me rongeait de l’intérieur. Puisque l’interdit supplante la contestation, je m’incline. Ma bouche foule sa joue sans pour autant se l’approprier laissant plutôt chaque mot venir apposer légèrement mes lèvres contre la joue de mon prince charmant. « Je dois rentrer, il se fait tard. Fais attention à toi en rentrant, et merci pour tout Kazuki ».

Un éclat de voix, un ténor que je reconnaitrais parmi mille me rappela que je devais le quitter. Chomei, mon garde du corps m’attendait à la sortie de la salle. Dans un dernier sourire timide, je me séparais de Kazuki, avant de me diriger gracieusement vers mon meilleur ami qui m’aida à revêtir un mon manteau beige à fourrure blanche. Un dernier regard vers le jeune homme, et je quittais le Planétarium amarrée au bras de Chomei. Un sourire mélancolique, je gravais cette nuit à jamais.


-FIN TOPIC-

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